Cochabamba, Bolivie
30 jours en Bolivie...c'est définitivement pas assez !
C'est ce que je viens de conclure apres de multiples jongleries. Mon critere de base : je ne veux pas avoir a me presser pour visiter tout ce que je veux voir. Si j'ai a couper, ce sera dans mes dernieres semaines, pas avant.
Alors j'avais 3 possibilités : dépasser les 30 jours accordés par ma carte touristique et payer 10 bolivianos (2 $) par jour de dépassement jusqu'a cinq jours, selon les uns, quatre selon d'autres...mais si j'ai besoin de plus de cinq jours ? Donc, non a cette premiere possibilité. La seconde : faire une prolongation de 30 jours supplémentaires dans une agence bolivienne d'immigration et payer 150-160-165 bolivianos (ca semble dépendre des villes ou on fait la demande...ou du fonctionnaire !), c'est-a-dire environ 40 $...pas mal cher, surtout s'il existe une troisieme possibilité : changer de pays pour un jour et revenir en Bolivie le lendemain, et nous revoila avec un 30 jours supplémentaires gratuit !
Et c'est ce que je ferai a Villazon, ville frontiere avec l'Argentine, dans l'extreme sud de la Bolivie. C'était dans mes plans de toute facon de me rendre jusqu'a Tupiza et Tarija, puisqu'on y dit qu'il y a des paysages montagneux de toute beauté et originaux a découvrir. De plus Tarija, c'est la région des vignobles boliviens avec des allures méditerranéennes d'apres Lonely Planet.
J'ai donc du refaire mon itinéraire de toute cette région de facon a tirer le maximum des paysages trois étoiles recensés par LP et en jouant avec le train et le bus selon les trajets et les horaires de facon a toujours voyager de jour pour en voir le plus possible. Voici ce que ca donne :
Cochabamba-Oruro (bus);
Oruro-Uyuni (train);
Uyuni-Villazon-Argentine avant le 6 aout, date d'échéance de ma carte touristique (bus);
Villazon-Tarija-Tupiza-Potosi-Sucre-Potosi-Uyuni (bus);
Tour de trois jours dans le Salar de Uyuni vers San Pedro de Atacama (Chili), si c'est possible, car, il y a trois semaines, il y a eu une tempete de neige qui a causé la mort d'un grand nombre de lamas, et les tours ont été suspendus. Pour ce qui en est de la situation actuelle, plusieurs versions m'ont été données.
De toute facon, je prévois ce tour pour dans a peu pres deux semaines...alors il y a bien des choses qui peuvent se passer d'ici la...je verrai bien.
lundi, juillet 29, 2002
Cochabamba, Bolivie
Les deux Bolivie
C'est ce que me disait, Juan Carlos, un citoyen de Concepcion, village situé à 300 kilomètres de Santa Cruz.
Il y a la Bolivie tropicale avec ses grands pâturages, ses pampas, ses régions fruitières, ses forêts à la végétation luxuriante et ses gens qui, sous les chauds rayons du soleil, se revêtent de tee-shirts, de shorts et de sandales. Et il y a l'autre, la montagnarde, avec ses montagnes dénudées, mais cependant cultivées en pentes et en petits îlôts de terrain, et dont les gens sont revêtus de plusieurs couches de vêtements et de bonnets de laine pour les hommes et jeunes enfants ou de chapeaux pour les femmes.
Et ces deux Bolivie, on ne peut que s'en rendre compte lorsqu'on prend la route de Santa Cruz vers Cochabamba : vastes pâturages, arbres fruitiers, pampas, forêts tropicales, collines à la végétation touffue, puis, peu à peu, apparaissent, en plus haute altitude, les premières montagnes dénudées et cultivées, certaines avec neige au sommet. Et l'on recommence à revoir les gens chaudement vêtus.
Retour aux paysages de montagnes : variété assurée ! Quel bonheur !
Je reviens à Juan Carlos, car c'est "grâce" à une mauvaise information que j'ai fait cette heureuse rencontre à Conception. En effet, je voulais voir au moins une de ces Missions établies par les Jésuites au début de 1500 ap. J.C. en Bolivie, puis au Paraguay, en Argentine et au Brésil, dans le but de convertir les indigènes qui y vivaientr déjà, ou, si vous voulez, les amener à la civilisation. Le nord-est et l'est de Santa Cruz comprend plusieurs de ces missions, qui ont donné naissance à des architectures religieuses et civiles fort originales. Mais c'est plutôt difficile d'en faire le tour et ça prend du temps, de deux à trois jours. Or je voulais être à Cochabamba pour assister au concert de Los Kjarkas. Il me fallait donc choisir et Lonely Planet parlait de Concepcion comme d'un très joli village restauré. Je prends donc information : pour m'y rendre, il faut prévoir quatre heures de bus, et le retour, le même jour (j'avais réservé mon billet de bus pour Cochabamba pour le lendemain), est possible á 16h00 de Concepcion . Ça donne donc un 3 à 4 heures pour visiter le village. J'achète donc mon billet de bus. Mais ce ne fut pas tout à fait cela : six heures et demie de trajet, seulement pour aller et le retour à 18h00. Donc arrivée à Santa Cruz à minuit trente. Avoir su...j'aurais fait un autre choix. Mais heureusement je ne savais pas !
J'ai donc visité ce joli petit village très tranquille construit avec arcades protégeant du soleil, et comprenant sa plazza centrale autour de laquelle gravitent tous les édifices importants, religieux et civils. Et une église avec une architecture des plus originales avec utilisation d'un bois noir pour les colonnes autant intérieures qu'extérieures, et un clocher/horloge détaché de l'église elle-même, et un jardin intérieur qui donne accès á l`église et aux appartements des prêtres.
Puis, en attendant mon bus, j'arrête prendre une bière au bar face au terminal de bus. J'en profite pour réfléchir au dilemme que j'ai, comment coordonner les visites qui me restent à faire avec le peu de temps qui me reste avant l'échéance de ma carte touristique : absolument impossible. Il me faudra donc envisager des alternatives.
Pendant que je jongle avec ces beaux problèmes, l'un de mes voisins de table, assis avec un ami et le propriétaire du bar, m'adresse la parole et me demande d'où je viens. Du Canada? Mon frère demeure à Toronto...et la conversation s'enclenche. On se présente : lui, c'est Juan Carlos. Et il me parle de son pays, de ses deux Bolivie en une, la tropicale et la montagnarde. Je ne comprends pas tout, mais à mon froncement de sourcil, il comprend et répète autrement pour que je saississe bien ce qu'il me dit. Il me parle aussi du village lui-même. Et arrive une autre bière : Salud ! C'est la loi principale de la région de SantaCruz : l'hospitalité, me dit-il. Salud ! Et ainsi s'écoule le temps de l'attente de mon bus. Salud !
Et avant que je parte, il me dit qu'avec mes cheveux longs, un sombrero m'irait bien. Il se tourne vers son ami et lui dit d'aller chercher à la maison le sombrero qu'il possède, celui avec les plumes noires d'un oiseau sacré dont je n'ai pas compris le nom. Et de me l'offrir en cadeau, me demandant d'en prendre bien soin. Salud !
Et dire que si j'avais su, j'aurais raté cette belle rencontre et je n'aurais pas reçu ce cadeau "sacré".
Salud Juan Carlos !
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Jacques B.
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vendredi, juillet 26, 2002
Santa Cruz, Bolivie
De Rurre a Trinidad...20 heures de bus dans ma tete, mais, en realite, seulement 12 !!!
Je suis arrive ce matin a 4h00 a Santa Cruz apres 10 hres de route pavee dans un bus tres confortable. Cela m'a fait oublier quelque peu les 12 hres de bus precedentes : 6 heures de Rurre a San Borja, puis le lendemain matin un autre 6 heures de San Borja a Trinidad.
Ces douze heures de "bus" ou plutot de camionnettes toutes deguinglandees, se sont passees dans des conditions assez penibles, meme si c'est la partie de tout ce que j'ai fait de voyages actuellement qui a coute le plus cher (pres de 5 fois plus cher !).
D'abord le moyen de transport : une camionnette dont le bras de vitesse semblait tellement preoccuper le chauffeur qu'il a du s'arreter en chemin et se glisser sous la camionnette pour resserrer quelques boulons je crois. Mais on s'est tout de meme rendu a San Boja sans encombre.Le lendemain, une autre camionnette tout aussi mal pourvue, avec un pneu, cette fois, qu'on a du changer en cours de route. Mais ici aussi, on est arrive a Trinidad sains et saufs.
Il faut dire que la route non pavee et poussiereuse n'aide pas a maintenir les camionnettes en excellent etat. Et, ici aussi, j'ai compris pourquoi, en periode des pluies, ces routes sont pratiquement impraticables.
De plus un soleil de plomb au dehors, et, en dedans, des fenetres qui s'ouvrent a peine ou pas du tout : voila de quoi vous assecher asez vite, surtout si vous etes coinces au fond de la camionnette du cote du soleil pendant 6 heures. Vite de l'eau !
Et le paysage qui devient tres vite monotone, avec ses "pampas", ses larges paturages et ses sections ou cocos, pamplemousses, oranges et avocats poussent allegrement. Un vaste territoire plat, sauf, au debut, entre Rurre et San Borja ou, au loin, se profile une chaine de petites collines.
Arrive a Trinidad, j'ai decide de pousuivre jusqu'a Santa Cruz sans m'y arreter tel que prevu, surtout que Lonely Planet disait qu'il y avait tres peu a voir. J'ai donc decide de passer plus de temps ailleurs : le groupe de musique bolivienne Los Kjarkas donnant dimanche soir un spectacle a Cochabamba, je vais faire tout mon possible pour y etre.
Le temps passe tellement vite. J'ai une carte touristique de 30 jours pour la Bolivie et je suis deja rendu a mon 18eme jour. Alors je commence a planifier davantage mes visites, surtout qu'il me reste encore quelques belles villes a voir : Cochabamba, Oruro, Sucre, Potosi et Uyuni, toutes des villes en hautes montagnes.
Apres Santa Cruz, je retrouverai donc les soirees froides des hauts plateaux boliviens. Finie pour un bout de temps la chaleur tropicale, je vais donc etre oblige de ressortir mes laines pour le soir.
Mais j'ai hate de retrouver les montagnes.
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Jacques B.
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lundi, juillet 22, 2002
Rurrenabaque, Bolivie
"Arrete de jouer dans bouette...tu vas toute te salir !"
Et arrivait la tape ou la claque, c'est selon : ca dependait de la conception de l'education de la maman !
Mais ici, dans la pampa/swamp/marecages bolivienne, on n'a pas eu le choix : pour nous rendre a la riviere ou se tiennent les anacondas (serpents "constrictors" de diverses grosseurs qui s'attaquent a leurs proies en s'enroulant autour d'elles et en les serrant de facon a leur briser ainsi les os), il nous a fallu patauger un bon deux heures sur 3 dans les marecages.
Poushit! mouvement de succion, le pied droit s'enfonce dans la boue, parfois jusqu'au mollet, puis l'autre pied fait de meme...Flouash! Mouvement de traction pour retirer notre pied droit et ainsi avancer en le refaisant "succionner"...Poushit! ...Flouash! ... Poushit! ...Flouash! Au debut, on pense a nos espadrilles, a nos bas et a nos pantalons qui en prennent tout un coup et qui deviennent, des les premiers pas, noirs de boue...mais on se fait vite a l'idee...on est du pour un bon lavage ! Mais ce mouvement succion/traction avant, c'est super pour le developpement des jambes et des mollets, j'en suis certain !
La pampa, c'est donc un immense territoire plat en partie marecages, et en partie asseche durant la saison seche, mais qui devient, durant la saison des pluies, un immense lac. Dans sa partie assechee, diverses plantes y poussent tout de meme et servent de nourriture aux nombreux boeufs et vaches qui s'y prelassent en regardant passer ces etranges etres sur deux pattes qui passent par la. Dans sa partie marecageuse, ce sont les oiseaux de differentes especes qui s'y adonnent a coeur joie.
Et on atteint finalement la petite riviere. En tres peu de temps, notre guide repere un anaconda et, avec son baton, reussit, tres fier de sa prise, a l'amener sur le sol ferme : c'est un gros serpent de plus de trois pieds de long. Et nous aussi, on est tres content car ca nous permet de voir ce genre de bete de pres. Et quelques minutes plus tard, il en prendra un second, mais plus petit cette fois.
On est alors pret a revenir au campement en retraversant de nouveau les marecages. Puis c'est le lavage en regle dans la riviere en face du campement et la baignade sous le regard placide d'un crocodile bien installe sur la rive opposee.
Et l'apres-midi, on partira en canot pour prendre des photos et pecher des piranhas. Un seul d'entre nous reussira a en prendre un suffisamment "gros" pour qu'on puisse y gouter un peu au souper. En prime, Alex aura droit au dentier du piranha !
Ca, c'etait le deuxieme jour de notre periple de trois jours dans la pampa.
Tout avait commence la veille avec une premiere journee, je dirais d'observation.
Trois heures de route en 4X4 pour rejoindre le village de Santa Rosa et son parc de conservation sur la riviere Yacuma, et par un chemin non pave et dans un etat des plus lamentable (on se demandait bien comment il pouvait etre en pleine saison des pluies ! ), probablement absolument impraticable. Puis quatre heures dans un long canot avec nos bagages, vers le campement ou nous logerons deux soirs. Quatre heures d'observation de crocodiles, d'alligators et de tortues se faisant dorer au soleil et en quantite incroyable, aussi de grosses betes brunes de la grosseur d'un porc, mais avec visage de "rats" et se plaisant dans la boue (je ne sais le nom francais de cet animal, et je ne me souviens pas de son nom espagnol), et, bien sur, des oiseaux d'especes tres variees...de quoi prendre des photos en quantite. Puis le soir, apres souper, on repart en canot avec nos lampes de poches pour observer les crocodiles aux yeux rouges et les alligators aux yeux jaunes sous les reflets de la lumiere. Notre guide reussit a attraper deux jeunes crocodiles de quelques semaines a peine, puis les remet a l'eau.
La derniere journee, en refaisant le trajet sur la riviere, on s'arrete a deux endroits differents : le premier pour observer les "dauphins roses" qui vivent dans cette riviere et, pour ceux que ca interessait, la possibilite de se baigner en esperant que les dauphins s'approchent suffisamment d'eux, mais ce ne fut pas le cas; le second, pour offrir quelques bananes a de jolis petis singes au pelage jaunatre qui descendaient de leurs arbres et venaient chercher les portions de bananes que nous tenions au bout de nos bras. Pas mal interessant. Et, apres le lunch, retour a Rurre.
Dans ce tour, on etait neuf avec le guide, un jeune de 24 ans qui vit a Santa Rosa : deux couples, l'un de Grande-Bretagne, l'autre de la Suisse allemande, et 4 solos, un americain, une suisse allemande, un autralien de Tasmanie et moi. Une belle gang avec qui passer trois jours ! Le couple suisse, on s'etait deja rencontre a Huancayo, il y a un mois, puis perdu de vue, et retrouve par hasard a Coroico pour le bus vers Rurre, et finalement pour ce tour de trois jours. A la fin de ce trois jours, chacun reprend sa route : l'un est reste une quatrieme journee a Santa Rosa, 5 prennent un autre tour de deux ou trois jours dans la jungle cette fois, Peter, l'australien, a pris ce matin la route vers Trinidad.
Et moi, avant de reprendre la route pour Trinidad et Santa Cruz, je demeure une journee de plus a Rurre pour faire laver mon linge, relaxer dans cette jolie petite ville et aller observer le coucher du soleil sur la terrasse d'un bar en face de la riviere et preparer la suite.
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vendredi, juillet 19, 2002
Rurrenabaque, Bolivie
Rurre, la differente
Rurre, c'est :
* 12 000 habitants avec 12 000 visiteurs par an;
* des motos, peut-etre au minimum une par famille, qui deviennent taxis le temps d'une arrivee de bus, et qui, autrement, font le tour du village;
* de multiples restos amenages avec des tables au dehors et des toits assez larges pour se bien proteger des risques de pluie, car on est ici en pays de "rain forests" (je n'ai jamais su la traduction francaise de ce terme...vous conaissez?), i.e. des forets qui doivent leur configuration bien speciale aux nombreuses pluies qui s'y repandent;
* un "petit dejeuner americain" qui, pour 2$, t'offre deux oeufs et jambon, un cafe au lait, petits pains chauds, beurre et confiture de fraises en quantite, et pour clore : une crepe avec miel et banane...succulent;
* une riviere, la Beni, qui la cotoie de bout en bout et qui accueille des canots tout en longueur qui peuvent recevoir jusqu'a une vingtaine de passagers;
* une vegetation tropicale avec collines tout autour;
* des maisons pour la plupart de bois, avec toits ou de chaume ou de tole (ca me rappelle les petits villages martiniquais ou encore plus ceux de villages "garifunas" des iles du Belize ou du Honduras) ;
* des rues non pavees, sauf le "boulevard" principal avec son terre-plein fleuri et la rue qui entoure la Plaza centrale;
* de possibles couchers de soleil qu'on admire assis a une terrasse face a la riviere en sirotant une bonne biere bolivienne;
* et par-dessus tout, les gens (jeunes et vieux, hommes et femmes) qui beaucoup plus qu'ailleurs, sont expressifs et ne manquent pas de te saluer avec un large sourire : buenos dias, buenas tardes et buenas noches, ils connaissent !
Et bien plus encore !
Quand on arrive dans un tel petit paradis, l'heure de pick-up de Coroico a Yolosa entasses les uns sur les autres avec nos bagages, les trois heures d'attente de l'autobus venant de La Paz, puis les 15 heures de bus, sur un chemin non pave et cahoteux, entrecoupees par une heure de souper a 19h00, une pause-pipi a 22h00 agrementee d'un controle de l'autobus (on ne nous demande meme pas nos papiers) par des gens de l'armee, un reveil en sursaut a 24h00 par un groupe de jeunes allemands qui ont decide de signaler la fete de l'un des leurs avec chants, ballons, feux d'artifices...
Quand on arrive, disais-je, dans un tel petit paradis, on oublie bien vite les heures qui ont precede...
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jeudi, juillet 18, 2002
Coroico, Bolivie
Vers la jungle bolivienne
Ce midi, je commence un long trajet de plus de 15 heures de bus vers Rurrenabaque, dans la forêt amazonienne, côté bolivien. Ce sera en grande partie un trajet de nuit, mais je ne pouvais faire autrement, il n'y a qu'un bus par jour. Une première heure en camionnette vers Yolosa d'où on prend le bus pour le reste du trajet.
Il y a plusieurs possibilités de tours dans cette région : dans la forêt elle-même ou dans la pampa pour y découvrir surtout les espèces animales qui y vivent. Je ne sais pas trop ce que je choisirai de faire.
De plus, il semble qu'Internet ne soit pas rendu dans cette partie de la Bolivie, du moins aux dernières nouvelles de Lonely Planet. Alors il faudra peut-être attendre quelques jours avant mon prochain compte rendu.
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Jacques B.
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mercredi, juillet 17, 2002
Coroico, Bolivie
Jeux de nuages !
Sans qu'on le veuille vraiment, en montagne, ils nous arrivent peu à peu, discrètement, sur la point des pieds, ou plus souvent encore, soudainement, sans avertir, avec leurs gros sabots.
Il y a les gros blancs joufflus, comme des ballots d'ouate, et qui prennent les formes que notre imagination veut bien leur prêter, et ceux, plus élancés, qui s'effilochent petit à petit tout au long de leur périple.
Il y a les solitaires qui préfèrent se tenir seuls dans le ciel, ceux plus sociables qui aiment bien se tenir en gangs sans toutefois trop se toucher, et aussi les grégaires qui, eux, se fondent les uns dans les autres à un point tel qu'on ne peut plus les distinguer les uns des autres.
Il y a aussi ceux qui courent à folle allure soufflés par le vent, ceux qui déambulent lentement dans le ciel poussés par une légère brise, ceux qui préfèrent la verticale à l'horizontale et qui s'arrachent de la vallée pour s'élever vers les sommets des montagnes ou, encore descendre des cimes des montagnes vers la vallée, mais il y a aussi ceux qui, plus stables, semblent figés dans le temps et dans l'espace et règnent sans partage sur les sommets enneigés.
Il y a les jolis blancs gonflés qui ouvrent la voie au beau temps et au soleil, les caméléons qui adaptent leurs diverses teintes de rosé, d'orange ou de bleu aux avancées du lever ou du coucher du soleil, il y a aussi les gris qui bientôt viendront déverser sur nous leur trop-plein, et les noirs qui annoncent la colère des cieux, avec bourrasques, éclairs et tonnerre.
Il y a ceux qui, plus genes, se tiennent loin de nous pour n'effleurer que la nature immobile, mais certains, plus audacieux, s'approchent et s'enroulent autour de nous a un tel point qu'il nous semble etouffer et ne plus rien y voir.
Il y a enfin ceux qui prennent toute la place et qui nous cachent tout, ne nous laissant voir, parfois, que des ombres, et d'autres, plus genereux qui laissent poindre de temps a autre soleil, lune ou etoiles.
Mais a certains moments, ils preferent se retirer, et laisser toute la place au ciel bleu ou noir, de meme qu'au soleil ou encore a la lune et aux etoiles, esperant sans doute qu'on s'ennuie un peu de leur absence et qu'on les reclame a nouveau.
Et les voila qui reapparaissent et recommencent a jouer avec nous pour notre plus grand plaisir.
Merci !
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Une breve explication sur ce blog : une première version, pas tres bonne...au panier. Je me reprends, les idees plus en place dans ma tete, je les ecris en attendant le pick-up pour Rurrenabaque...fausse manoeuvre, tout s'efface...grrrr...Je n'ai plus le temps de le retaper...Heureusement, Lonely Planet est en retard sur les nouvelles...Internet est arrive a Rurre.
Youpi !
Je pourrai donc vous raconter mes trois jours dans la pampa, que j'ai finalement choisi comme tour, puisque des "Rain Forests", j'en ai vues souvent dans mes autres vioyages, dont entre autres en Nouvelle-Zelande et en Australie.
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Jacques B.
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mardi, juillet 16, 2002
Coroico, Bolivie
La Paz (3)
Ça y est, ma tournée de La Paz est terminée. Hier, j'en ai profité pour visiter deux coins de la ville que je n'avais pas encore vus. J'ai donc pris des autobus, me suis rendu au bout de la ligne, puis je revenais à pied en redescendant la montagne. Quand j'étais tanné de marcher, j'arrêtais un bus qui passait et je revenais au centre-ville.
C'est dans un de ces trajets que j'ai vu qu'il y avait une fête dans un parc: je m'y suis donc arrêté pour apprendre ques les 15 et 16 juillet, c'était la fête de la ville de La Paz : ici, chaque région a sa fête. N'est-ce pas une merveilleuse idée pour développer son sentiment d'appartenance ? Dans ce parc, il y avait beaucoup d'autochtones et les grosses bières étaient au rendez-vous, même pour les femmes dans leurs beaux habits colorés et agrémentés de jolis bijoux. Et il y avait aussi de la musique, et quelques femmes qui dansaient. Le soir, à la Plaza Murillo, le parc central, il y avait défilé (de 18h00 à 23h00 : plus de cent groupes avec musique de fanfare) ou tous les représentant des divers services de la ville y passaient (finances, incendies, transport, hôpitaux, etc.), puis des groupes d'étudiants et d'étudiantes représentant diverses écoles, puis des groupes représentant divers quartiers de la ville avec des messages politiques sur leurs besoins, et quelques chars allégoriques thématiques. Tous ces groupes passaient devant l'estrade d´honneur où siégeaient le président de la république, le maire de la ville et d'autres dignitaires de la ville.
À minuit, les rues étaient encore bondées de monde, et la fête se poursuivait aujourd'hui. Mais je n'étais plus là pour y assister. Mon billet pour Coroico, je l'avais acheté le matin même.
Coroico, une autre superbe ville de montagne
En effet, une ville aussi jolie que Sorata, de l'autre côté des montagnes qui encerclent cette petite ville de 3 200 habitants, lieu de rendez-vous de week-end des gens de la classe moyenne de La Paz. C'est à trois heures de La Paz par une route considérée comme la plus dangereuse au monde : en effet, à partir du col de Cumbre (4 600 mètres d'altitude) on descend jusquà 1 500 mètres d'altitude pendant près de 80 kilomètres par une route étroite et dont les premiers trente kilomètres seulement sont pavés.
La première partie de la descente était assez ordinaire ou du moins pas très surprenante : je pensais d'ailleurs à me plaindre, car j'avais pris la peine de demander un siège dans le combi (une quinzaine de voyageurs) du côté de la meilleure vue et elle n'était pas de mon côté. Mais c'était sans compter les derniers 50 kilomètres sur un chemin non pavé avec précipice à ma gauche. Et étant donné que la conduite pour ceux qui descendent se fait à gauche...alors ai-je besoin de vous faire un dessin ! Je ne me plaindrai sûrement pas : j'en ai eu pour mes 15 bolivianos. Des doigts croisés, j'ai connus ! Mais quel paysage avec ses montagnes à la végétation luxuriante ! Ça paraît qu'on est plus bas en altitude et qu'on se dirige vers la forêt amazonienne. Et le village construit en pleine montagne avec vues époustoufflantes sur le canyon et les autres montagnes en face.
Et pour ajouter à mon plaisir, un hôtel à $5.50 avec terrasse permettant de jouir de ce panorama en toute quiétude...je pense bien que je vais m'acheter une bouteille de vin bolivien et boire à la santé des montagnes !
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Jacques B.
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dimanche, juillet 14, 2002
La Paz, Bolivie
La Paz (2)
La Paz ne correspond absolument pas à l'image que je m'étais faite de cette ville. Je la voyais beaucoup plus petite avec sa Plaza San Francisco et sa Plaza centrale avec des gens habillés de facon traditionnelle qui y déambulaient lentement.
Mais pas du tout!
Dans le centre de la ville, et plus bas encore dans la vallée, ca grouille de monde, mais on y voit très peu d'indigènes, sauf pour mendier. La Bolivie des plus de 50 % d'indiens, il faut monter dans la montagne pour les rencontrer, et même plus haut, sur le Plateau, là où la ville s'étire et continue de se dévolopper. Mais plus on descend vers la Vallée, plus c'est riche, donc moins on en voit!
On ne peut pas dire que La Paz, c'est une superbe ville, à part son site qui, lui, est fabuleux : c'est comme si la ville s'était bâtie sur les pentes d'un canyon. Il n'y a donc que des montées et des descentes, avec des plans à l'horizontal : c'est super bon pour l'exercice physique. Pour avoir un bon aperçu de cette configuration, la ville a eu la brillante idée d'aménager un parc pour les enfants mais sur une haute colline, ce qui nous permet d'avoir une vue à presque 360 degrés de la ville elle-même avec ses montagnes et sa montagne principale. Le reste est assez ordinaire parce que le vieux est mélangé avec le plus récent sans trop de distinction : des édifices à étages voisinent des édifices de l'époque coloniale.
Une grande ville, c'est long à apprivoiser. Il faut la marcher beaucoup pour découvrir ce que l'on cherche. Mais peu à peu la géographie des lieux se dessinent. On commence à savoir quand ça monte et quand ça descend et quand on est à la hauteur d'une terrasse horizontale. Ce qu'on pensait très loin nous apparaît beaucoup plus près. Ce qui nous apparaissait bien compliqué, se résout peu à peu très facilement.
Par exemple, quand on veut se rendre à l'autre bout de la ville et qu'on voit le nombre de micro-bus et de combis sur la route, on se demande bien lequel on doit prendre. Je demande alors au préposé de l'hôtel comment se rendre au Cementario, un des lieux où les combis pour l'extérieur de la ville prennent leur départ. Il me répond que le 365 passe juste devant l'hôtel : je viens de régler en quelques secondes les deux sorties d'un jour que j'avais prévues, Tiahuanaco et Sorata. Pour ce qui est de Coroico, c'est dans une autre partie de la ville qu'il faudra me rendre, mais, maintenant, ça ne m'inquiète plus.
À 1h30 de La Paz : Tiahuanaco
Tiahuanaco, c'est un village dans l'Altiplano (Haut Plateau/Haute Plaine), mais c'est aussi le lieu où vécut le peuple Tiwanaku quelques deux siècles avant les Incas. C'est un des sites archéologiques les mieux conservés de la Bolivie (700-1200 ap. JC). On vient de découvrir ces dernières années les restes d'un temple qu'on est en train de sortir de terre. Ça m'a permis de voir des archéologues à l'oeuvre, ce que je n'avais pas encore vu. Assez impressionnant.
Beaucoup des oeuvres créés par ce peuple, dont des monolithes/sculptures immenses représentant des dieux, ressemblaient étrangement à certains que j'ai vu dans les cités Mayas, au Mexique. Et, eux aussi, avaient comme dieux, entre autres, le soleil et la lune.
Mais ce site n'a rien à voir avec celui du Machu Picchu. C'est un peu comme avec les sites Mayas : certains sont plus impressionnants que d'autres, mais chacun d'entre eux nous aide à nous faire une meilleure idée de l'histoire de l'humanité.
À 4h30 de La Paz : Un déjeûner à Sorata !
À 6h00, ce matin, il faisait encore nuit et il pleuvait sur La Paz "en bas", mais, sur La Paz "en haut sur le plateau", il avait neigé et des traces encore fraîches étaient présentes sur le sol terreux. La montée vers le plateau, avec la ville scintillante de lumières était tout simplement jouissive.
On reprend, pour aller à Sorata, une partie de la route La Paz-Copacabana, puis à Huarina, on bifurque et on s'éloigne du lac Titicaca pour se rapprocher des montagnes. Le soleil s'était levé et éclairait les champs plats et dorés, et au loin, des petites montagnes se faisaient caresser par de légers nuages.
Puis, avant de prendre la montée pour un col de plus de 4 000 mètres, on traverse un territoire très rocailleux : les paysans du coin ont dégagé des lopins pour la culture en se servant des roches plus ou moins grosses pour séparer ces champs minuscules. Ça m'a fait penser a une région semblable de l'Irlande. Des paysages de misère.
Puis la montée vers le col : les montagnes sont recouvertes d'une fine couchede neige d'ou transparaît les herbes sèches et brunes. Mais dans un détour, voilà qu'une suite de pics enneigés dont deux de plus de 6 300 mètres (Illampu: 6 362 mètres et Ancohuma : 6 427 mètres) nous offrent un arrière-plan époustoufflant. Ils nous accompagneront jusqu'à Sorata.
Et dans la redescente du col, s'offre à nous un étroit canyon avec, de chaque côté, des montagnes cultivées, certains lopins de terre étant encore blanchis par la neige, d'autres, non. Et de temps à autres, sur des bandes de terre plus horizontales, des petits villages de pas plus de 200 maisons, toutes collées ensemble, se sont installés.
Et le bus qui longe des précipices assez vertigineux. Comme j'avais suivi les conseils du Lonely Planet en m'asseyant à gauche pour avoir une belle vue, cela m'a donc permis d'avoir aussi une excellente vue sur les à-pics...Je me suis souvent croisé les doigts, me disant que le chauffeur avait les mêmes intérêts que nous : se rendre à bon port.
Et une arrivée à Sorata pas piquée des vers : la perle des Andes s'auto-proclame-t-elle et avec raison. Une descente vers la rivière qui coule au fond du canyon et une remontée vers le village lui-même à 2 695 mètres : place centrale avec arbres taillés, des fleurs, des "palmiers" ou "cocotiers" (je n'ai jamais su comment les démêler), de nombreux bancs et, en toile de fond, les deux pics de plus de 6 000 mètres dont j'ai parlé plus haut d'un côté, et des autres côtés, les autres montagnes que nous avons descendues plus tôt. Et autour de la place principale, plusieurs restaurants italiens avec des tables dehors. C'est là que, sous un soleil très réchauffant, j'ai pris mon petit déjeûner : café et crêpes avec miel et bananes. Succulentes! De l'autre còté de la place, une musique bolivienne très rythmée vient accompagner mon petit déjeûner.
Et je passe les quelques quatre heures qui suivent à me promener dans le village et au marché, plutôt local, à prendre des photos, puis à m'asseoir dans le parc à regarder passer les gens.
En somme, une route de montagnes et un village à voir absolument : elle fera sans doute partie d'une de mes 3 étoiles avec celle de Huancayo/Huancavelica. Et une bien belle balade de 9 heures de route.
À 19h00, ce soir, on rentrait à La Paz : il faisait déjà nuit, mais il ne neigeait plus sur La Paz "en haut sur le plateau", ni ne pleuvait sur La Paz "en bas". La descente vers La Paz "en bas", avec la ville scintillante de lumières était de nouveau tout autant jouissive que 13 heures plus tôt.
Merci à Mario, un jeune artisan argentin rencontré à Copacabana qui m'a mis sur la piste de Sorata.
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Jacques B.
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20:52
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Libellés : Bolivie
jeudi, juillet 11, 2002
La Paz, Bolivie
Je l'ai enfin entendu !
Ça fait environ trois semaines et demie, en fait depuis que je vis dans les hautes altitudes, qu'il me dit :
- "Beaulieu, tu t'empiffres tard le soir, tu vas t'installer à l'ordinateur, puis tu rentres à l'hôtel pour lire avant de t'endormir. Mais moi, il faut que je travaille à te faire digérer tout cela : et tu devrais savoir qu'en haute altitude il faut ralentir le rythme...Rappelle-toi tes montées dans la montagne a Amantani. Toi aussi, tu as dû te ralentir, tu te souviens? Alors moi, si je veux faire un travail honnête de digestion, il faut que je prenne mon temps, alors pas question de dormir "sua job" comme tu dis. Plus tu manges de la nourriture difficile à digérer, plus ça me prendra de temps à digérer tout cela, et plus ça me prendra de temps, moins vite on pourra se reposer et dormir. Comprends-tu ? "
- Ah! c'est donc pour cela que j'avais tant de difficultés à m'endormir. C'est comme si nous étions deux : moi qui rêvais de pouvoir m'endormir, et toi qui résistais pour faire une job propre de digestion. Et ce n'était qu'au petit matin que je réussissais finalement par m'endormir."
C'est à Amantani que j'ai commencé à comprendre. En effet, c'est là que j'ai passé ma plus belle nuit de sommeil. Et le menu de la journée y était sans doute pour quelque chose : le soir, le repas était composé d'une soupe de légumes, puis d'une bolée de divers légumes comme plat principal, et enfin, un bon thé de coca.
Hier soir, j'ai donc testé mon hypothèse : je n'ai mangé qu'un sandwich jambon/fromage/tomate et deux bons cappucinos dans un café pas très loin de l'hôtel.
Et nous nous sommes bien vite, lui et moi, endormis en paix.
Je crois bien que je vais reviser mon régime de vie de voyage durant les périodes où je serai en haute altitude !
Publié par
Jacques B.
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16:57
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